Actualités nationales

Alors que la France connaît et affiche des objectifs de développement de l’agriculture biologique ambitieux, certains Conseils Régionaux ont choisi de diminuer voire d’annuler leur aide aux associations de soutien au développement du BIO. Les groupements d’agriculture biologique (Réseau FNAB) et Terre de liens –entre autres- sont concernés dans plusieurs régions.

Alors que la pression foncière s’accroît de plus en plus au détriment des territoires agricoles, ces derniers se transforment pour prendre le profil « type » des grandes cultures. En Ile-de-France, 60% des exploitations ont disparu en 30 ans, laissant 90% des surfaces cultivées en grandes cultures, et seulement 2% en bio (moyenne nationale 6%). Or, cette région est celle où la consommation de produits issus de l’agriculture biologique est supérieure à la moyenne nationale. Ainsi, notamment avec le Plan Bio (2014-2020), l’objectif est de doubler, puis tripler les surfaces agricoles bios ; laissant percevoir un développement local dans de nouveaux emplois, de nouvelles filières. Le développement de l’agriculture biologique semble être sur de bonnes voies.

En plus, les régions voient leur compétence en matière de politiques agricoles renforcées par les récentes lois. Elles deviennent des acteurs majeurs dans la stratégie agricole. Mais, selon « Alternatives Economiques » (novembre 2016), les régions qui ont basculé à droite ont amené des changements significatifs. Le dialogue territorial, le soutien aux associations, l’environnement, l’agriculture bio, etc… sont les victimes de ces régions défendant cette politique.

On peut citer quelques exemples de politiques menées depuis cette dernière année (la liste n’est pas exhaustive et ne reflète pas l’intégralité de la politique régionale) :

  • La région Ile-de-France rend les associations victimes de coupes budgétaires, notamment Terre de Liens ! (mais elle n’est pas la seule région à le faire…)
  • La région Rhône-Alpes a enterré de nombreux projets de contrats territoriaux, venant mettre un terme au dialogue territorial et permettre la mise en concurrence des initiatives, pourtant complémentaires.
  • La région PACA a transformé son service ESS (économie sociale et solidaire) et réduit son financement de 60%.
  • La région Pays-de-la-Loire a réduit de 60% les subventions de la Confédération paysanne et a réduit les aides aux AMAPs.

Globalement, c’est le volet « environnement » qui est le plus affecté par ces changements de mandats. A titre d’exemple, en Ile-de-France, le budget alloué à l’environnement a diminué de 34% entre 2015 et 2016. On peut mettre en perspective ces évolutions avec la tribune sans équivoque de Nicolas Sarkozy : « Quant à l’expression bizarre d’agro-écologie, c’est le faux nez d’une véritable obsession pour la destruction de notre puissance agricole qui serait remplacée par la possibilité donnée aux bobos d’aller faire leurs courses à la ferme dans le cadre des circuits courts » (Conférence « agriculture et ruralité », le 6 février 2016 organisée par Les Républicains).

Les différentes associations Terre de Liens sont malmenées par ces nouvelles pratiques régionales, et certaines sont en danger ! Nos collègues d’Ile-de-France, Rhône Alpes et Auvergne ont adressé des courriers d’interpellation aux exécutifs régionaux.

Précisons qu’en Midi-Pyrénées, nous avions abandonné depuis plusieurs années l’idée de solliciter des financements régionaux, face à l’absence de perspectives et d’interlocuteurs. La fusion des régions rebat les cartes, puisque nos collègues de Languedoc-Roussillon étaient soutenus dans leurs actions d’animation et de développement. Nous préparons un dossier commun pour 2017, mais nous nous préparons là aussi à d’âpres discussions sur le montant de l’enveloppe. A suivre…

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